Mercredi 30 juin les délégués de la Communautés de Communes du Savès devront délibérer sur l'avenir de la restauration en savès. Nous proposons de relayer l'analyse citoyenne des parents d'élèves dont le travail mérite une attention particulière. Ce choix est porteur de sens ou de renoncement en fonction du vote des élus. Nous serons fixé dans 24 heures...
Mesdames et Messieurs les Maires et Conseillers(ères) municipaux(ales) des communes du Savès,
Souvenez-vous, l’été dernier plus de 200 parents avaient manifesté leur refus de voir les 11 cantines du Savès transformées en offices de réchauffage pour accueillir des repas en provenance d’une cuisine industrielle de Blagnac.
En octobre 2008, les délégués communautaires avaient accepté les transformations progressives de ces cuisines sous prétexte que certaines cantines étaient menacées de fermeture et que le portage froid externalisé serait moins coûteux pour la Communauté de Communes du Savès.
Ce sont les arguments présentés par M. Loubon pour inciter les élus à condamner définitivement la cuisine traditionnelle préparée dans les cantines de nos 750 jeunes enfants. Par leur mobilisation massive, de nombreux parents ont rejeté cette décision prise sans concertation ni étude préalable.
Face à cette mobilisation, Monsieur Loubon a décidé de créer un Comité de pilotage auquel nous avons participé et de lancer une étude de faisabilité intitulée « conception d’un projet de restauration collective de qualité sur la communauté de communes du Savès ».
Il est temps pour nous, parents du Savès, de vous faire part de notre position sur les travaux menés et de nos attentes quant à l’avenir de ce projet.
- Nous ne validons pas cette étude qui ne nous paraît pas, et nous le regrettons, de nature à apporter un réel éclairage aux élus sur la décision à prendre.
- Nous n’avons pas accepté la proposition des élus du Comité de pilotage de valider le choix d’une cuisine centrale à terme.Avant que les délégués-ées communautaires ne prennent leur décision, il nous semble important de vous en détailler les raisons :
L’étude, réalisée par le cabinet Absyss, sera présentée prochainement aux délégué(e)s communautaires. Elle comporte 2 volets (le 1er volet « état des lieux » a été présenté devant le Conseil Communautaire du 25 février dernier) :
1. Un état des lieux sur l’année 2009 que nous, parents, ainsi que certains élus, jugeons incomplet. Cependant cet état des lieux révèle que les coûts de revient de repas produits en cuisines autonomes -et notamment celles gérées par des associations (Monblanc, Samatan)- sont plus bas que ceux des cantines en portage froid externalisé.
2. Une étude comparative de 4 scenarios envisagés (portage froid externalisé, cuisine centrale intercommunale en liaison chaude, cuisine centrale intercommunale en liaison froide et production des repas sur place).
Cette étude, comme l’ont indiqué les élus du Comité de Pilotage, reste très théorique alors que l’on pouvait attendre d’un cabinet d’étude qui s’est rendu sur l’ensemble des sites, des estimations plus proches de la réalité de nos équipements.
L’exemple le plus frappant est la reconstruction de 3 cuisines (Montpezat, Pompiac et Seysses) pour des montants opération de 350 000 € H.T. en moyenne par site (soit à elles seules plus de 1 000 000 € H.T.) qui viennent alourdir considérablement le scenario « production sur place ». Ces 3 cuisines serviront à la rentrée 2010, environ 20 repas par site !
Cette étude aura donc pour effet de démontrer l’impossibilité financière voire technique de revenir vers les cuisines autonomes alors que des solutions alternatives peuvent être recherchées.
En voici une, à titre d’exemple : la commune de Maurens (50 repas / jour), contrainte de rénover son équipement, n’a pas voulu renoncer à la cuisine traditionnelle. L’investissement travaux, estimé à 320 000 € HT pour la mise aux normes de la cuisine et la rénovation du réfectoire, était trop lourd pour une commune de 300 habitants. Le Conseil Municipal a donc choisi d’acquérir une cuisine mobile entièrement équipée pour 85 000 € H.T.. Avec la rénovation du réfectoire et les aménagements paysagers (la cuisine elle-même est entièrement recouverte de bois), l’opération coûtera 110 000 € HT à la commune, qui espère par ailleurs obtenir plus de 40% de subventions. Des solutions existent pour pallier certaines impossibilités techniques ou financières.
Pour ce qui concerne le scenario « cuisine centrale intercommunale » (mode de liaison -chaud ou froid- à définir), nous pensons, qu’en effet, il s’agit d’une solution pouvant répondre aux critères qualitatifs et environnementaux qu’en tant que parents et usagers, nous attendons d’un projet de restauration scolaire.
Cependant, nous avons renoncé à le soutenir de concert avec les élus du Comité de pilotage, car il a été clairement indiqué que la réalisation d’une cuisine centrale servant les 11 écoles du territoire sera suspendue à 2 conditions, pour le moins hypothétiques :
- La capacité d’investissement de la Communauté de Communes, dont on sait qu’elle ne sera pas retrouvée avant au moins 2 ans, peut être beaucoup plus.
- La nécessité de trouver à cette cuisine centrale une rentabilité sur une année complète de fonctionnement et non sur les seuls 145 jours du service scolaire.
Voter pour la cuisine centrale reviendrait, après avoir dépensé 24 000 euros pour une étude par ailleurs peu précise, à exprimer un voeu pieux : un projet dont on peut craindre qu’il sera sans cesse repoussé parce ce que ses débouchés et son financement sont incertains.
Dans cet intervalle, le Communauté de Communes poursuivra la transformation des 4 cuisines autonomes restantes en offices de réchauffage (Tournan, Samatan, Monblanc et Seysses), Noilhan et Polastron étant déjà programmées en offices de réchauffage (rentrée 2010 pour Noilhan et janvier 2011 pour Polastron).
De fait et même si les conseillers communautaires votent en faveur d’une cuisine centrale, nos cantines seront tributaires pendant encore de nombreuses années d’une cuisine centrale extérieure. Nous risquons même de passer définitivement à coté de l’objectif de réaliser un projet de territoire qualitatif, environnemental et avec de réelles retombées économiques.
Ce projet n’est pas un « gadget de néo-ruraux » comme nous l’avons entendu de la bouche de certains élus, mais il est préconisé à tous les échelons territoriaux et institutionnels qui encouragent la valorisation des productions locales en circuits courts.
Il s’agit de réduire pour l’avenir notre dépendance aux coûts croissants de l’énergie, de recréer des marchés locaux, offrant des revenus satisfaisants aux producteurs, et de réduire la vulnérabilité des consommateurs aux flambées annoncées du prix des denrées alimentaires, tout en offrant la qualité à nos enfants et des emplois qualifiés à notre territoire. Il est indispensable pour ce faire que la Communauté de Communes choisisse de garder la main sur sa compétence de restauration collective !
De son coté, le gouvernement lui même encourage également ces démarches en proposant la possibilité d’introduire plus facilement le critère de proximité dans la rédaction des appels d’offres pour l’achat de produits alimentaires.
Les parents qui défendent un projet de restauration scolaire de qualité excluant le portage froid externalisé, néo-ruraux ou non, sont de jeunes actifs soucieux de l’avenir du monde rural auquel ils sont comme les élus-es du Savès, très attachés.
En conclusion, et au regard de tous ces éléments, seul le retour aux cuisines autonomes avec la création d’une coopérative d’achat sur la base de menus communs, nous paraît viable à long terme. Les cuisines autonomes nécessiteront certes des investissements (qui pourraient être comparables à celui d’une cuisine centrale) mais qui pourront être échelonnés sur 3 à 5 ans, voire plus si nécessaire et peser moins sur les finances de la communauté.
De plus, les cuisines autonomes ne se heurtent plus à la nécessaire question de la rentabilité et sont donc particulièrement adaptées à la configuration sociale et économique de notre territoire.
Vous l’avez compris, nous vous demandons de convaincre vos conseillers communautaires de se prononcer en faveur du scenario « Production sur place » et de demander à ce que les meilleures solutions techniques et financières soient recherchées pour mettre en oeuvre ce projet.
Nous comptons sur vous,
Le Bureau de l’Association Parents du Savès
Parents du Savès






















